Votre enfant dessine dans sa chambre et vous l’appelez pour le dîner. Il continue de jouer, vous haussez le ton. Toujours rien ! Vous allez le chercher et le prenez par la main… Le voilà qui pique alors une terrible colère. Cette scène est familière à nombre de parents. Mais si la colère des petits est parfois inévitable, on peut essayer d’y faire face en comprenant les mécanismes qui la déclenchent.

Qu’est-ce que la colère ?

  • La colère sert à exprimer ce que les psychanalystes appellent un « affect ». C’est un sentiment humain nécessaire, qui permet, comme les pleurs, d’extérioriser ses émotions, et qui, lorsqu’il est modéré, fait souvent du bien ! Donc pas question de la diaboliser, il y a du bon dans la colère…

Pourquoi votre enfant fait-il des colères ?

  • Tout simplement parce que c’est de son âge ! La colère, appelée parfois « caprice », est un mode d’expression classique chez l’enfant de 2 à 4 ans. Durant cette période, il prend conscience qu’il a une pensée différente de celle de ses parents. S’opposer est une étape indispensable qui l’aide à s’affirmer et à se construire.
  • Il considère tout naturellement que son plaisir passe avant tout, et il intègre les contraintes plus difficilement qu’un adulte. Dans le cas très fréquent d’une colère liée à une frustration, il ressent l’intrusion de l’adulte comme agressive et injuste et réagit en toute bonne foi contre ce qu’il considère comme intolérable !
  • A travers ses colères, il manifeste son impuissance à lutter contre un pouvoir parental écrasant. Grâce à la colère, il se fabrique une bulle dans laquelle il gesticule et s’assourdit de cris et de pleurs. Il occupe ainsi le terrain et il retrouve sa propre toute-puissance. C’est sa façon de restaurer son identité narcissique.
  • Comme chez l’adulte, un événement en apparence anodin peut déclencher la colère. Par exemple sa grand-mère le met en garde d’un danger et lui dit « ne touche pas à ça ! ». Aussitôt, il se jette dans une colère noire, qui la désarçonne complètement. Elle ne sait pas que, la veille, vous avez dit à votre enfant la même chose en le grondant très fort (il touchait à quelque chose de dangereux : une prise électrique…). La colère qu’il n’a pas su exprimer devant vous survient simplement avec un petit décalage… Sa réaction doit s’analyser dans un contexte global.